Coral Restoration St Barth
Ils ne sont pas venus de l'extérieur avec un programme et un budget. Ils sont de l'île. Ils ont vu sous l'eau ce que les récifs étaient. Et ils ont décidé que leurs enfants devaient pouvoir le voir aussi.
L'Origine · Didier Laplace · Un Pêcheur et la Mémoire de l'Eau
Didier Laplace est un ancien pêcheur de Saint-Barth. Il a connu les récifs coralliens de l'île depuis l'enfance — leur densité, leur couleur, leur vie. Il a vu, au fil des décennies, les coraux blanchir, se dégrader, disparaître. La maladie SCTLD. Le réchauffement de l'eau. La pression humaine. Et il a posé la question la plus simple et la plus difficile qui soit — est-ce qu'on peut faire quelque chose ? Sa réponse : oui. Avec Didier Laplace et David Blanchard à l'initiative, Coral Restoration St Barth naît de cette conviction — pas d'une stratégie institutionnelle, pas d'un appel à projets, pas d'un financement national. D'une décision locale, prise par des gens qui connaissent l'eau de l'intérieur. *Si nous faisons ça, c'est d'abord pour que les gamins puissent voir sous l'eau ce que je voyais moi, quand j'étais enfant.* Cette phrase de Didier Laplace dit tout sur ce que Coral Restoration est — pas une ONG, pas une entreprise verte. Un geste de transmission.
La Méthode · Les Boutures · Les Tables de Nurserie · Les Dômes
La technique est précise et documentée. Des coraux génétiquement solides et diversifiés sont prélevés sur des sites sains — principalement l'espèce Corne de cerf (*Acropora cervicornis*), l'une des plus menacées des Caraïbes, mais aussi des Cornes d'élan (*Acropora palmata*). Ces fragments sont placés sur des structures porteuses sous-marines — les tables de nurserie — qui font office de pépinières en milieu marin. Les boutures y croissent pendant plusieurs mois jusqu'à atteindre une taille suffisante. Elles sont alors transplantées sur les sites dégradés — des zones de récif appauvries, dépeuplées, que la maladie ou le blanchissement ont laissées sans vie. Des dômes de protection ont également été installés dans la réserve naturelle de Gustavia — plusieurs mois après leur pose, les résultats étaient visibles : les boutures avaient bien poussé, un écosystème s'était reconstitué autour des structures, des poissons avaient colonisé les nouvelles formations. Le récif ne s'était pas seulement reconstruit — il avait attiré la vie.
L'association conduit aussi un travail de cartographie — répertoriant la provenance des coraux replantés, suivant leur croissance dans le temps, documentant les espèces invasives qui s'accrochent aux déchets marins dérivants. Elle travaille avec le biologiste Tom Pitchord sur la provenance des dispositifs de concentration de poissons dérivants — ces structures issues de bateaux senneurs africains qui s'échouent sur les côtes de Saint-Barth et peuvent avoir un impact sur les cétacés et les récifs. La science n'est pas un prétexte. Elle est au cœur de l'action.
Les Bacs à Marée · Les Plages · La Lutte Contre les Déchets
La restauration des coraux est le cœur de la mission. Mais Coral Restoration St Barth a compris depuis longtemps qu'on ne peut pas replanter des coraux dans une mer polluée. La lutte contre les déchets marins est indissociable de la restauration. L'association a installé sur différents littoraux de l'île des bacs à marée — des récipients placés en accès libre sur les plages, dans lesquels les promeneurs, baigneurs, randonneurs sont invités à déposer ce que la mer a laissé — morceaux de filets de pêche, plastiques, bouées dérivantes. Les bacs sont vidés régulièrement par les membres de l'association. Ce dispositif simple a été repris et adapté par d'autres îles de la Caraïbe — une idée locale qui a essaimé à l'échelle régionale. Des nettoyages de plages organisés complètent ce programme. Après l'ouragan Irma, Coral Restoration a participé à la revégétalisation de la dune de Saline — parce que les dunes protègent les plages qui protègent les récifs. La chaîne de protection est continue et solidaire.
Le Partenariat · Le Barthélemy · J'Adopte un Corail
Huit ans de collaboration entre Coral Restoration St Barth et Le Barthélemy Hotel & Spa. Un partenariat qui n'est pas un accord de communication — c'est un engagement financier, humain et éducatif. Les équipes de l'hôtel participent aux nettoyages de plages et aux plantations de coraux. Des dons directs soutiennent les actions de l'association. Et depuis 2023, les hôtes peuvent réserver une séance de snorkeling ou de plongée avec les équipes de Coral Restoration — cent euros par adulte, cinquante euros par enfant, intégralement reversés à l'association. Durant la séance, ils apprennent à reconnaître les espèces marines — tortues, coquilles de conque, poissons-lions — et replantent eux-mêmes des boutures de coraux sur les sites dégradés. Chaque corail adopté est identifié, photographié. Les donateurs peuvent suivre la croissance de leur corail dans le temps. Un suivi personnel d'une vie qui pousse lentement sous l'eau, à trois cent mille kilomètres de leur quotidien. David Blanchard, président de Coral Restoration : *la protection des récifs coralliens, de la flore et de la faune qu'ils abritent est cruciale pour le bien-être de notre île et des habitats naturels environnants.*
*Si nous faisons ça, c'est d'abord pour que les gamins puissent voir sous l'eau
ce que je voyais moi, quand j'étais enfant.*
— Didier Laplace, fondateur de Coral Restoration St Barth
L'IFRECOR — Initiative Française pour les Récifs Coralliens — a calculé que les activités directement ou indirectement liées aux récifs coralliens à Saint-Barth génèrent une valeur marchande estimée à trente-deux millions d'euros par an. Pêche, plongée, restauration, tourisme de plage, activités nautiques — tout ce que Saint-Barth offre comme expérience de mer dépend, à un degré ou un autre, de la santé des récifs. Environ mille entreprises, deux mille emplois et soixante-quinze mille personnes dépendent à des degrés divers des services rendus par les récifs coralliens et les écosystèmes associés à Saint-Barth et dans les îles voisines. Un récif en bonne santé est une infrastructure économique — invisible, non inscrite au bilan des collectivités, mais aussi réelle que n'importe quelle route ou n'importe quel port. Sa dégradation a un coût direct et documentable. Sa restauration est un investissement dont le retour se mesure en décennies. Coral Restoration St Barth fait ce travail — sans attendre que quelqu'un d'autre décide que ça compte.
Réserver une sortie de replantation avec l'équipe de Coral Restoration St Barth — via Le Barthélemy Hotel & Spa ou directement avec David Blanchard au 0690 768 470, pour les séances organisées lors de la Fête de la Nature et tout au long de l'année selon les conditions météorologiques et la qualité de l'eau. Adopter un corail en ligne — le suivre pousser, photograph par photograph, saison après saison. Utiliser les bacs à marée sur les plages de l'île et y déposer les déchets récoltés lors d'une promenade. Choisir une crème solaire sans oxybenzone ni octinoxate — les filtres chimiques destructeurs de coraux documentés. Ne pas ancrer sur un récif — utiliser les bouées de mouillage de la réserve naturelle. Signaler à l'Agence Territoriale de l'Environnement toute observation d'espèce rare ou de comportement anormal sur les récifs. Faire un don directement à l'association. Ce sont des gestes à la portée de chacun — résidents comme visiteurs. Ils ne compensent pas la SCTLD, ni le réchauffement de l'eau. Mais ils alimentent le seul travail concret qui soit en cours sur les récifs de Saint-Barth — celui de gens de l'île qui font pousser des coraux un fragment à la fois.
Sorties de replantation sur rendez-vous, en fonction des conditions météorologiques et de la qualité de l'eau. Sorties publiques lors de la Fête de la Nature — plage de Public, Gustavia. Programme *J'adopte un corail* via Le Barthélemy Hotel & Spa — 100€/adulte, 50€/enfant, intégralement reversés à l'association. Dons directs en ligne. Bacs à marée disponibles sur plusieurs plages de l'île.
Didier Laplace a installé la première table de nurserie sous l'eau de Saint-Barth parce qu'il voulait que ses enfants voient ce qu'il avait vu.
Les boutures ont poussé. Les poissons sont revenus. Le récif a recommencé à vivre.
C'est comme ça que ça se passe — un fragment à la fois, sous l'eau, loin des regards, par des gens qui savent ce qu'ils protègent.


